Grande démission : les attentes des salariés qui restent.

23 Mar 2022 Blue Sun Nos articles

À peine la cinquième vague de Covid-19 derrière nous, en voilà déjà une autre qui se profile. Sa provenance ? Les côtes américaines où sévit depuis l’été dernier une vague de départs sans précédent. En effet, celle qu’on appelle la Great Resignation ou, en français dans le texte, « Grande Démission » a conduit 4,5 millions de salariés à quitter leur emploi sur le seul mois de novembre. Un nouveau record après celui de 4,3 millions enregistré en août 2021. Si bien qu’il y aurait aujourd’hui 10,7 millions de postes vacants aux États-Unis, soit un job et demi par chômeur ! Du jamais-vu depuis que les statistiques américaines existent.

Et en France, que disent les chiffres ?

À en croire le taux de chômage, à son plus bas niveau depuis 2008, la vague démissionnaire semble bien loin d’avoir atteint son pic. Pourtant, d’après une étude réalisée par Qualtrics, 35 % des salariés français prévoiraient de chercher un nouvel emploi au cours des 12 prochains mois*. Un projet qui risque de contrarier ces entreprises qui, toujours plus nombreuses, font part de leurs difficultés à recruter. En cause ? Le rapport au travail repensé à l’aune de la crise sanitaire. Cette hypothèse se heurte, cependant, à la réalité des chiffres. Les démissionnaires ne sont pas ceux que l’on croit. Issus des secteurs les plus touchés comme la restauration, la distribution ou la santé, ils n’ont pas bénéficié du télétravail. S’ils claquent la porte ce n’est donc pas poussés par une “épiphanie pandémique”. Leur départ coïncide moins avec une “quête de sens” qu’avec une tendance de fond : d’après l’Insee, les difficultés de recrutement concernaient déjà 45 % des entreprises en 2018.

Mais, adopter un tel storytelling évite surtout de se poser la bonne question : quelles sont vraiment les attentes des salariés qui restent ?

Pouvoir d'achat et empowerment

Pour le savoir, rien de plus simple. Il suffit de découvrir les raisons invoquées par les démissionnaires américains. En tête ? Des salaires trop bas. On peut alors supposer deux choses : soit les salariés français encore à bord ont un salaire qui leur convient parfaitement soit ils misent sur la période des entretiens annuels professionnels pour le négocier à la hausse. Un pari qui a de grandes chances de s’avérer payant puisque, dans un contexte de pénurie de main d’œuvre, le rapport de force a évolué. D’ailleurs, tous les voyants sont au vert: du premier Ministre au patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, nombreux sont les observateurs qui prédisent qu’après “deux ans de vaches maigres, il y aura des augmentations de salaires”. Encore faut-il que ces hausses intègrent l’inflation, qui a gonflé de 2,8 % sur un an en décembre… Quoi qu’il en soit, elles ne sauront suffire à retenir les collaborateurs si elles ne s’accompagnent pas de perspectives d’évolution. En effet, 20 % des salariés qui envisagent de quitter leur emploi au cours de l’année le feront pour rechercher de meilleures opportunités de développement*. Le problème ? Plus de 7 Français sur 10 déclarent que leur employeur ne leur a pas proposé de dispositifs touchant au développement professionnel ou à la formation*. Un chiffre qui n’a rien de surprenant quand on sait que seules 10 % des équipes dirigeantes identifient le manque de possibilité d’avancement comme une incitation au départ**.

Personnalisation et flexibilité

Attention, toutefois, à ne pas transformer ces aspirations en obligation. Tous les salariés ne perçoivent pas le management comme le Saint Graal. Tous ne font pas rimer évolution avec progression verticale. L’organisation doit alors imaginer des parcours alternatifs. L’enjeu ? Retenir les meilleurs talents et ainsi assurer la pérennité de l’entreprise. Cette personnalisation des plans de carrière pose un nouveau défi pour les managers : l’évolution nécessite en effet “le passage de la standardisation de masse à l’unicité de masse”.

Et cela concerne en premier lieu les modes de travail. Redouté à la sortie du premier confinement, le télétravail a fini par entrer dans les mœurs. Même chez nous. Les salariés français se positionnent désormais sur 1,9 jour de télétravail par semaine, ce qui les rapproche de la moyenne mondiale de 2,1 jours**. 35 % des salariés seraient même susceptibles de quitter leur entreprise s’ils étaient contraints d’être en présentiel à temps plein*. Ce qu’ils attendent ? De la flexibilité, seule à même de satisfaire ces nouvelles exigences que sont la possibilité de choisir ses horaires, d’être plus souple dans l’organisation de son travail. Flexibilité qui permet aussi de diversifier son lieu de travail, de travailler depuis des espaces plus informels, plus conviviaux.

Bureaux plus humains

En effet, si les salariés souhaitent disposer de bureaux physiques, ils attendent plus de leur employeur en matière de proposition de valeur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout reste à faire. Plus d’un tiers des Français estiment que leur lieu de travail n’est pas agréable. 83 % souhaitent des bureaux “plus humains**”. Il faut donc proposer des bureaux durables, équipés de technologies performantes et donc capables de créer une véritable culture du bien-être. Or, comment y parvenir quand les journées au bureau portent encore les stigmates de la crise et de ses innombrables protocoles sanitaires ? Il semble difficile d’améliorer la qualité de vie au travail quand celle de l’air fait encore trop souvent défaut.

Agir en amont en choisissant soigneusement le mobilier et les matériaux de construction utilisés. Des systèmes de prévention visant à avertir les occupants des locaux d’une dégradation de la qualité de l’air ou des dispositifs de renouvellement de l’air peuvent être également être mis en place. Mais des technologies plus innovantes et moins intrusives existent pour permettent à tous de collaborer dans des espaces de travail plus sains. C’est le cas des UV-C qui représentent actuellement la meilleure solution pour assainir un espace. Elles permettent par exemple de désinfecter l’air en neutralisant 99,9 % des micro-organismes. De quoi répondre aux attentes des 47 % de salariés qui considèrent encore leur entreprise comme un endroit où il fait bon travailler… et de recharger les batteries des 42 % qui ne se sentent pas suffisamment “énergisés au bureau***”.

Marianne Fougère

* Qualtrics, “2022 Employee Experience Trends. The 4 things your people need you to know”, août-septembre 2021.
** JLL, “Baromètre sur les nouvelles préférences de travail des salariés, mai 2021.
*** JLL, “Le bureau régénérant”, 2021.

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